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Le milieu naturel - Milieux remarquables


Au cœur des Préalpes du Sud, la Drôme est une rivière qui a conservé une identité singulière et un caractère sauvage en limite nord du climat méditerranéen, transition naturelle entre le Vercors (moyenne montagne humide et karstique) et la Provence au sud du département.

C’est d’ailleurs la dernière rivière de France, ne possédant aucun barrage (de type EDF) d’importance sur l’ensemble de son cours. (106 km)
Elle possède encore un lit en tresse et des milieux aquatiques remarquables, alors que la plupart des cours d’eau de France, notamment en région Méditerranéenne, ont perdu ces caractéristiques.

Le bassin versant est partagé en deux entités avec, à l’aval une vallée alluviale large, urbanisée et agraire fortement endiguée à son exutoire (confluence avec le Rhône) et une partie amont en moyenne montagne sèche, subméditerranéenne, agro-pastorale appelée Diois (interface entre le Vercors et la Provence toute proche). Cette variété de milieux fait de la rivière Drôme une entité écologique d’importance et de tout premier ordre en termes de diversité d’espèces et de milieux en région sèche.
Certains sites sont particulièrement riches comme les zones humides (- de 2% sur le bassin versant), les « ramières » ou forêts alluviales, de nombreux affluents à régime torrentiel (ex : la Sure, le Bez, la Gervanne), des gorges et des cirques (Archiane) et une entité particulière, le site du Claps. Tous ces milieux abritent des espèces ou habitats d’intérêt communautaire, national ou départemental.

La ripisylve qui longe la rivière Drôme, ou celle présente sur les affluents, fait partie des boisements naturels les plus diversifiés d’Europe.
Certaines zones (ex : confluence Drôme-Bez, réserve naturelle des Ramières,…) abritent des forêts alluviales à bois dur dominées par le frêne et le peuplier.

Ces bordures boisées, à condition d’être suffisamment larges (20m au moins) et suffisamment pénétrables, présentent des intérêts certains : espace de divagation de la rivière, protection naturelle des berges, dénitrification des aquifères, habitats naturels et zones de refuge pour la faune aquatique….
A l’opposé, une végétation alluviale dans le lit mineur trop développée présente des inconvénients en gênant et modifiant l’écoulement liquide et solide des rivières (réduction de la largeur, accélération du courant, embâcles, bois mort…).

Exemples des milieux remarquables :

La Réserve Nationale des Ramières du Val de Drôme 
La réserve s’étend sur 346 Ha et est constituée d’une importante forêt alluviale, de secteurs en tresses où la rivière divague naturellement sur ses bancs de graviers, de prairies à orchidées et de résurgences phréatiques.
Ce site Natura 2000 est particulièrement riche au niveau de la faune et de la flore.
On y trouve plus de 46 espèces de libellules (ex : Agrion de mercure), plus de 200 papillons, plus de 280 espèces de vertébrés dont 17 poissons (l’Apron du Rhône, 6 amphibiens, 10 reptiles, 17 mammifères (le castor d’Europe), 200 oiseaux dont 70 nicheurs (Aigrette garzette, Milan noir, Faucon hobereau, Petit-Gravelot, Guêpier d’Europe, Martin Pêcheur…) et 100 migrateurs (ex : Balbuzard pêcheur, bécasseaux…) et hivernants (ex : mouettes rieuses, cormorans…)
Au niveau végétation, on trouve plus de 680 espèces dont une protégée sur le plan national (Nigelle de France), 5 au niveau régional et plus de 100 espèces d’arbustes, 12 orchidées, et 15 plantes aquatiques (ex : Potamot coloré).
Site de la Gare des Ramières

Le marais des Bouligons (Beaurières) 
Site Natura 2000 également et Espace Naturel Sensible, ce bas-marais de 65Ha alimenté par les eaux de versant et par le ruisseau des Bouligons, est la plus grande zone humide du bassin versant de la Drôme et du département. C’est le dernier vestige du grand Lac crée accidentellement en 1442, suite à un éboulement au saut de la Drôme.
Situé en tête de bassin, à l’interface avec la Drôme, il a un grand rôle de soutien d’étiage en période estivale (rôle tampon en période de crue).
Il est constitué d’une roselière très développée dans sa zone centrale et de prairies humides (Ecopâturage).
Il possède une grande diversité floristique, avec des espèces rares et remarquables, dont la plus grande station d’Epipactis des marais du département.
De nombreuses espèces d’oiseaux : le râle d’eau, le busard cendré, la bouscarle et la rousserolle effarvatte …
Les odonates (libellules) et les lépidoptères (papillons) sont bien présents, ainsi que certains reptiles ou batraciens, tel que la grenouille rousse ou la couleuvre à collier.
Le site sert également aux sangliers et aux cervidés (zone refuge, présence de souilles).
Le service ENS du Département a mis en place un plan de gestion sur le site, avec notamment l’utilisation d’ovins et d’équins pour le pâturage.
C’est un site accessible au grand public par l’instauration d’un sentier d’interprétation, qui traverse le site, dont une partie est installée sur pilotis.

Les mares du col de Carabès (La Bâtie-des-Fonds) 
C’est la zone humide la plus haute sur le bassin versant (1187 m), située à proximité des sources de la Drôme, constituée de plusieurs mares installées dans des dépressions, entourées de prairies humides.
C’est un milieu original où l’on trouve des espèces rares pour le bassin, dont de nombreuses espèces de papillons (ex : azuré de la Sanguisorbe ou du Serpolet).
On retrouve sur les ruisselets la présence de la truite et de l’écrevisse à pieds blancs.
Site Natura 2000 et Espace Naturel Sensible, ce site est géré par la pratique de l’écopâturage qui ralentit l’embroussaillement et le boisement des versants.

La Plaine du Lac et le défilé du Claps 
Ceux-ci sont deux sites emblématiques du haut bassin de la Drôme, situés en amont de Luc-en-Diois.
Le nom de la Plaine du Lac, provient de la création d’un lac (long de 5 km) suite à l’éboulement d’une assise du Pic de Lure qui obstrua le cours de la Drôme au lieu-dit « le Claps » en 1442. Ce chaos de blocs de calcaire perdurera jusqu’en 1837 (percement de la roche au « Saut de la Drôme »), libérant un espace très important, exploité aujourd’hui en terres agricoles fertilisées par le limon déposé.
Le site du Claps est classé depuis 2004 (Arrêté Préfectoral) et présente de nombreux intérêts touristiques et piscicoles (ex : truite et écrevisse à pattes blanches). Il couvre une surface de 475 ha située sur la commune de Luc-en-Diois.

La confluence Drôme-Bez (St Roman et Montmaur-en-Diois) 
Milieu diversifié et étendu, la confluence Drôme-Bez est un des sites majeurs du bassin de la Drôme amont avec une partie de lit en tresses bien conservé et des sources phréatiques. C’est un site Natura 2000 dont les bancs de graviers servent de zone de reproduction pour les petits échassiers. Une saulaie y est fortement développée et les multiples chenaux constituent une vaste zone de reproduction pour beaucoup d’espèces animales ou végétales (petit gravelot, chevalier guignette, castor, échassiers, libellules…).
Hormis l’aspect espace naturel sensible du site, c’est une des rares zones d’expansion de crue d’importance du bassin versant.

La plaine de Vercheny et d’Aurel 
Secteur correspondant à la Drôme médiane, la plaine de Vercheny et d’Aurel est une vaste zone naturelle d’expansion de crue et de dépôt de graviers, ainsi qu’une zone de tressage conséquente où la ramière est bien développée en amont.
C’est une zone importante pour la reproduction des oiseaux, avec de nombreux sites de nidification sur les bancs de graviers propices pour le petit gravelot et le chevalier guignette.




Ripsylve sur la Drôme



Drôme Sainte Croix



Réserve des Ramières



Marais des Boulignons



Mares de Carabès



Le site du Claps



Confluence Drôme Bez